Hong Kong : Pourquoi le gouvernement a-t-il réellement refusé les négociations

Diana Zhang / 11.10.2014

Le gouvernement de Hong Kong s’est retiré des négociations avec les manifestants après que des informations ont été diffusées, accusant Leung Chun-ying d’avoir reçu 6,5 millions de dollars d’une entreprise d’ingénierie australienne.

Mais la véritable raison de ce retrait ne peut être perçu en surface.

Leung Chun-ying est l’homme de Pékin à Hong Kong depuis qu’il a été nommé chef de l’exécutif en 2012. Jusqu’à présent, le parti communiste l’avait soutenu.

Le Quotidien du Peuple, un des médias officiels du Parti, avait précédemment assuré que le Parti a confiance en Leung Chun-ying et attend de lui qu’il calme la situation et mette un terme à la Révolution des parapluies.

Cette « révolte » est une patate chaude que le Parti a laissé entre les mains de Leung Chun-ying. Il a été averti que c’était à lui de régler ce problème et qu’il pouvait utiliser toutes les méthodes, excepté avoir recours à l’armée ou tuer des gens.

Le chef de l’exécutif a donc essayé toutes les tactiques, comme engager les triades pour accomplir les sales besognes ou encore inviter les médias à attaquer les manifestants. Aujourd’hui, il a essayé et épuisé tous ses tours et les étudiants ne sont pas partis. Ils continuent à insister pacifiquement pour obtenir un dialogue.

Après avoir d’abord accepté de négocier, le gouvernement de Hong Kong s’est ensuite rétracté après la diffusion de ces informations.

Le timing et la méthode de divulgation de ces informations au sujet des rentrées financières de Leung Chun-ying ont été minutieusement calculés. Le journal portant l’information est apparu de nulle part entre les mains d’un célèbre journaliste d’investigation dont le père était ambassadeur d’Australie en Chine.

Une personne haut placée a délibérément laissé échapper l’information au sujet de la corruption en sachant qu’elle ferait rapidement les gros titres.

Cela a laissé entendre que Pékin sacrifiera Leung Chun-ying si nécessaire et laisse penser que ce dernier pourrait être bientôt démis de ses fonctions.

Leung Chun-ying s’est ainsi rendu compte que le soutien qu’il pensait avoir était en réalité très précaire et qu’il serait incapable de négocier dans cette position. Sans le soutien de Pékin, quelle direction peut-il prendre, que peut-il apporter aux négociations?

De son côté, le Parti ne cédera jamais rien dans les négociations. La proposition de rencontre entre le gouvernement de Hong Kong et les étudiants n’était qu’une tactique pour gagner du temps et calmer la situation. Et cette tactique a maintenant été révélée.