Les Chinois s'entraînent au Canada

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Le journal de Montréal / 17.06.2008

Le Canada forme en grand secret depuis des mois les redoutables policiers antiémeutes chinois, ceux-là même qui répriment avec force les manifestations de protestation organisées en marge des prochains Jeux olympiques de Pékin.

La Chine, qui affiche un piètre bilan en matière de droits humains, envoie depuis 2003 ses policiers au Canada « pour y suivre une formation professionnelle ».

C'est ce que l'on peut lire dans un rapport classé « secret » du SCRS intitulé Manifestations contre les Jeux olympiques. Le Journal de Montréal l'a obtenu grâce à la Loi d'accès à l'information.

Trois autres pays, seulement, ont accepté de faire de même : l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Australie.

Sauf que le rapport ne précise pas par qui et où sont formés ces policiers.

Par la GRC et probablement au Collège canadien de la police, à Ottawa, suggèrent certaines sources.

Impossible d'en avoir la confirmation auprès du Collège.

Le Journal a aussi frappé un mur aux communications de la GRC.

« Je peux seulement vous dire que les Chinois n'ont pas assisté à notre programme antiémeute », a indiqué le sergent Sylvie Tremblay. Mais elle a promis de pousser plus loin ses recherches.

Dans le document, les analystes du SCRS ne se gênent pas pour décrire la Chine comme un « pays communiste autoritaire ».

Forces déployées

On en apprend surtout un peu plus sur les moyens déployés par la République populaire de Chine depuis que sa capitale a été choisie pour les Jeux.

En plus des Forces spéciales de l'armée, ce sont au moins 90000 membres des Brigades spéciales antiémeutes qui seront mobilisés pour la sécurité à Pékin.

Mais la Chine n'a pas pu bénéficier des mêmes « mécanismes centralisés et d'entente » mis en place pour les Jeux d'Athènes.

Les organisateurs grecs avaient pu compter sur l'aide de l'OTAN et des sept pays membres du Groupe consultatif olympique pour se préparer et bénéficier d'échanges de renseignements.

Les Chinois se sont rabattus alors sur le Centre grec d'études de sécurité (KEMEA), qui leur ont refilé des « instructions de seconde main », lit-on.

Autre fait cocasse, ils profiteraient aussi de leur présence en Haïti depuis 2006 comme casques bleus pour parfaire leur formation de contrôle des foules.

Le gouvernement canadien et le SCRS ont dénoncé ces derniers mois les activités clandestines de la Chine au Canada, que ce soit en matière d'espionnage économique, d'ingérence ou d'intimidation d'opposants du Falun Gong et pro-Tibet.

 
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