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Le Figaro / 9.04.2008
Les trois multinationales qui parrainent le parcours de la flamme condamnent les débordements et serrent les dents.
Officiellement tout va bien pour Samsung, Coca-Cola et le groupe informatique chinois Lenovo, les trois multinationales qui sponsorisent le parcours de la flamme olympique d'Athènes à Pékin (pour une somme de 15 millions de dollars chacun, selon des analystes américains).
Mais l'investissement, peu élevé pour ces grands groupes, risque de s'avérer désastreux si l'image de ces marques mondiales était écornée. « Nous n'avons pas pour habitude de faire des commentaires sur des sujets politiques ou des polémiques », explique-t-on sobrement chez Samsung. Sur son site Internet dédié au parcours de la flamme, le géant sud-coréen de l'électronique fait d'ailleurs un compte rendu très positif de l'étape londonienne de dimanche dernier. Le film court la résumant omet les incidents pour ne retenir qu'une sympathique course acclamée par la foule anglaise. Une vision des événements encore plus expurgée que celle de la télévision publique chinoise. L'étape parisienne n'est pas encore en ligne.
L'autre soutien historique des JO, Coca-Cola, qui souhaite poursuivre le parcours chaotique de la flamme jusqu'à la fin, condamne les débordements. « Nous considérons que l'exploitation du relais pour faire pression sur la Chine n'est pas appropriée », a déclaré hier Kerry Kerr, porte-parole de Coca aux États-Unis. En privé, ses experts en communication serrent les dents et espèrent que leur marque sortira indemne de cette aventure. « C'est bien parce que les sponsors étaient désireux de réaliser une très belle opération de marketing à l'échelle mondiale, que cette flamme va accomplir cette année son plus long parcours avant l'ouverture officielle des Jeux », rappelle l'historien du sport Jean Durry.
Les entreprises menacées de boycott
Mais l'opération risque bien de s'apparenter à un long supplice à la chinoise pour les sponsors. D'autant que, dans cette foire aux revendications antichinoises, les actions d'éclat de Reporters sans frontières et des militants protibétains donnent des idées à d'autres organisations. Déjà les coups pleuvent sur les sponsors des Jeux. Ainsi, l'ONG Dream for Darfur vient de publier une liste des entreprises « complices silencieuses du génocide au Darfour » et appelle à les boycotter. Au nom des droits de l'homme (et par un amalgame confondant), les 64 sponsors officiels des compétitions olympiques de Pékin y figurent tous dans l'ordre alphabétique, d'Adidas à Volkswagen. |