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Amnesty International / 26.12.2007
Détenu et torturé pour avoir contesté les évictions forcées.
Wang Wei, secrétaire général du Comité de candidature de Pékin aux Jeux olympiques :
«Nous sommes convaincus que la venue des Jeux en Chine va … améliorer la situation sociale dans son ensemble, notamment dans le domaine … des droits humains.»
Charte olympique, principes fondamentaux de l’Olympisme, paragraphe 2 :
«Le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine.»
Liu Qi, maire de Pékin, en 2001 :
«Les Jeux olympiques vont contribuer à promouvoir tous les projets économiques et sociaux et favoriseront aussi notre travail en faveur des droits humains.»
En 2003, la municipalité de Pékin démolit le restaurant et les maisons appartenant à Ye Guozhu et à son frère Ye Guoqiang, pour laisser place à un chantier de construction en vue des Jeux Olympiques.
En octobre 2003, suite à son éviction, Ye Guoqiang tente de se suicider.
Pour cela, il est condamné à 2 ans de prison pour «trouble à l’ordre public».
Ye Guozhu demande l’autorisation d’organiser une manifestation avec d’autres victimes d’expulsions forcées liées aux travaux des Jeux olympiques.
Le 18 décembre 2004, Ye Guozhu est condamné par un tribunal populaire, à 4 ans de détention à la prison de Chaobai pour avoir «cherché querelle et provoqué des troubles».
Avant son transfert en prison, Ye Guozhu est torturé, suspendu au plafond par les bras, frappé à plusieurs reprises par les policiers du centre de détention de Dongcheng à Pékin.
En 2005, il est encore torturé parce qu’il refuse d’admettre sa «culpabilité».
Fin 2006, il est battu à coups de matraques électrifiées par ses gardiens.
Son état de santé est dramatique, les tortures lui ayant laissé de graves séquelles.
En février 2007, il est de nouveau astreint à une période «disciplinaire» de 10 mois à la prison de Qingyan, pour avoir tenté d’introduire un recours contre sa condamnation.
Ye Guozhu est un prisonnier d’opinion, uniquement détenu pour l’exercice de ses droits à la liberté d’expression, et d’association.
L’histoire de Shi Tao met aussi en lumière le contrôle accru des autorités chinoises sur les médias ces dernières années, en particulier sur internet, politique qui met sérieusement en doute leur engagement à assurer une «totale liberté de la presse» pendant les Jeux Olympiques de Pékin 2008.
En novembre 2006, l’Association Mondiale des Journaux a décerné la Plume d’or à Shi Tao, son prix annuel de la liberté de la presse.
Une première avancée
Shi Tao a été emprisonné pour un mail suite à la coopération active de Yahoo ! qui a retracé la provenance de l’e-mail à la demande des autorités chinoises.
Aux Etats-Unis, un procès était en cours qui visait à déterminer la responsabilité de l’entreprise dans l’emprisonnement de deux journalistes dissidents chinois, dont Shi Tao.
Le 13 novembre 2007, Yahoo ! et les avocats des deux dissidents ont annoncé avoir trouvé un accord.
Selon différents médias, Yahoo ! paierait les frais d’avocats des deux journalistes emprisonnés.
Yahoo ! a aussi déclaré qu’il «fournira une assistance financière, humanitaire, et légale aux familles».
Néanmoins, Shi Tao reste toujours emprisonné, et Amnesty International demande toujours sa libération.
Amnesty International demande par ailleurs à Yahoo ! d’appeler publiquement à la libération de Shi Tao et des autres personnes détenues pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions sur internet.
Le 29 septembre 2007, Ye Guoqiang est de nouveau arrêté par la police, en même temps que Ye Mingjun, fils de Ye Guozhu, pour «incitation à la subversion».
Ils sont détenus au secret, ce qui les expose au risque de torture ou de mauvais traitements.
Ye Mingjun est enfermé dans un centre de détention de Xuanwu, et on ignore où est détenu Ye Guoqiang.
Le développement de la ville de Pékin a été accéléré en vue des JO de 2008 : habitations démolies pour accueillir de nouvelles infrastructures.habitants expulsés, la plupart du temps sans indemnisation, arrestations régulières et poursuites des «meneurs», ceux qui tentent d’organiser les personnes expulsées pour faire pression sur les autorités locales et nationales.
Les expulsions forcées violent des droits humains dont le droit à un logement convenable, proclamé par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, auquel la Chine est partie. |