Mao Hengfeng

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Amesty International - 26/12/2007

Harcelée, ainsi que sa famille, objet de brimades, régulièrement passée à tabac et placée en détention (périodes pendant lesquelles elle subit mauvais traitements et tortures répétés), Mao Hengfeng n’en continue pas moins à militer inlassablement contre les politiques du planning familial, contre les expulsions forcées de domicile à Shanghai et contre les internements abusifs en hôpital psychiatrique.

Mao Hengfeng a trois filles… Surprenant dans un pays où la politique de l’enfant unique a conduit à abandonner ou supprimer de nombreuses filles à la naissance, pour se ménager la possibilité ultérieure d’un garçon !

Cette progéniture est son premier combat. En 1988, mère de jumelles, elle est à nouveau enceinte. Elle refuse d’avorter, est internée en hôpital psychiatrique, où on lui injecte de force des médicaments, qui précipitent la naissance de sa 3e fille. Elle est licenciée de la savonnerie où elle travaille pour son absence non autorisée (le temps de son accouchement et de son séjour à l’asile). Elle conteste son licenciement en vertu du droit chinois du travail et obtient sa réintégration. La savonnerie introduit un recours devant le tribunal du district. Mao Hengfeng est enceinte une 3e fois. Elle est au 7e mois lors du procès. Le juge lui propose un marché : une issue favorable si elle avorte. Songeant à l’avenir de sa famille, elle accepte. Mais le tribunal donne raison à la savonnerie !

Depuis, elle adresse sans relâche des requêtes aux autorités chinoises, selon les procédures officielles, pour protester contre son licenciement abusif, son avortement forcé, son internement en hôpital psychiatrique. Cette opiniâtreté lui vaut de nombreuses arrestations, de nouveaux internements psychiatriques et en avril 2004, un placement de 18 mois en camp de « rééducation par le travail » (le placement en camp ne nécessite ni inculpation, ni jugement), où elle est torturée. Elle en sort en septembre 2005 et reprend le combat. Elle est de nouveau condamnée, en janvier 2007, à deux ans et demi de prison pour ses activités militantes, « destruction intentionnelle de propriété » ; elle a cassé deux lampes dans une pension où elle était placée en « détention douce ».

Au-delà de son cas personnel, Mao Hengfeng milite contre des détentions abusives (notamment de femmes ayant enfreint le planning familial), des expulsions arbitraires de domicile à Shanghai et dans la province de Shanxi. Elle bénéficie du soutien infaillible de son mari, Wu Xuewei, qui est lui aussi arrêté et maltraité.

Mao Hengfeng jouit d’une grande renommée tant dans son pays qu’à l’étranger. Les inculpations dont elle fait l’objet visant à la punir de ses requêtes persistantes. Il ne fait aucun doute que son procès a été inéquitable et sa peine disproportionnée. Amnesty International la considère comme une prisonnière d’opinion.

 
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