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Par le Monde.fr / le 18 décembre 2008
Condamné, le 3 avril, à trois ans et demi de prison pour "incitation à la subversion du pouvoir de l'Etat et du système socialiste", le dissident chinois Hu Jia n'était pas à Strasbourg, mercredi 17 décembre, pour recevoir le prix Sakharov 2008 de la liberté de pensée décerné par le Parlement européen.
M. Hu a été condamné pour des propos publiés sur Internet et dans la presse étrangère.
Placée en résidence surveillée, son épouse, Zeng Jinyan, était aussi absente. Dans un message vidéo, diffusé dans la grande salle du Parlement, elle a estimé que la situation des droits de l'homme restait "dramatique" en Chine. "Les manuels scolaires, les journaux, tout ressemble à ce que l'on trouve dans le roman 1984 (de George Orwell)", a-t-elle dit.

Présente à Strasbourg, Elena Bonner, veuve de l'ancien dissident soviétique Andreï Sakharov, a fait le parallèle entre le régime russe et le pouvoir chinois : "Ce sont deux régimes autoritaires que l'on peut comparer à ce qu'étaient les régimes fascistes dans le passé", a-t-elle estimé.
La remise du prix survient dans un contexte de tensions entre l'Union européenne (UE) et la Chine. Pékin reproche, notamment, au président en exercice des Vingt-Sept pays de l'UE, Nicolas Sarkozy, d'avoir rencontré, le 6 décembre, en Pologne, le chef spirituel des Tibétains, le dalaï-lama. La Chine avait alors annulé le sommet avec l'UE prévu le 1er décembre. Les Vingt-Sept n'en ont pas moins dénoncé l'arrestation d'un autre dissident, Liu Xiaobo.
Les autorités chinoises avaient vivement protesté lorsque les eurodéputés avaient attribué le prix à Hu Jia. Mercredi, Hans Gert Pöttering, président du Parlement, a souhaité qu'une délégation puisse lui remettre sa récompense lors d'une visite officielle en Chine. "L'Europe a besoin de la Chine, et la Chine a besoin de l'Europe.
Lorsque nous parlons des droits de l'homme en Chine, nous le faisons en tant qu'amis du peuple chinois", a-t-il déclaré.
Philippe Ricard |