La déclaration d'Olympic Watch un an avant le début des Jeux Olympiques 2008 de Pékin

Version imprimable

Lorsque le Comité international Olympique a attribué en 2001 les Jeux Olympiques de 2008 à Pékin, il l'a fait en promettant que la tenue des Jeux "aiderait au développement des droits de l'homme" et en particulier qu'il "n'y aurait aucune restriction d'accès pour les reportages des journalistes, y compris dans le cadre des Jeux Olympiques".

Un an avant que ne commencent les J.O., il n'y a aucune amélioration tangible des droits de l'homme en Chine.

- La liberté médiatique n'est visible nulle part. Des organisations indépendantes telles que Reporters sans frontières (RSF) et le Comité de protection des journalistes (CPJ) ont enregistré les cas d'au moins 30 journalistes chinois, 50 blogueurs et internautes en prison. Les médias chinois locaux font face à une politique de censure systematique et les reportages des médias internationaux sont bloqués.
- La Chine continue d'exécuter beaucoup plus de condamnés que tout le reste des pays réunis. Selon l'estimation d'Amesty International cela représente quelque 8 000 a 10 000 personnes chaque année.
- La torture continue de s'étendre selon le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture.
- Comme l'a rapporté à nouveau Human Rights Watch récemment, les violations des droits de l'homme s'accomplissent en lien direct avec les Jeux Olympiques : des centaines de milliers de résidents de Pekin ont été expulsés sans aucune indemnisation. Un meneur des appels pacifiques, Ye Guozhu, a
été incarcéré. Il est condamné à 4 ans d'emprisonnement et subit des tortures.

En considérant le manque de progrès dans l'application des droits de l'homme en Chine, Olympic Watch appelle :
1. le Comité Olympique International à :
- soutenir en action son affirmation - que les Jeux Olympiques sont une aide au développement des droits de l'homme en Chine. Selon l'ensemble des informations disponibles, la situation actuelle ne s'y accorde pas du tout ;
- au moins au cours de la dernière année qui précède les Jeux Olympiques, travailler avec les organisations internationales de défense des droits de l'homme sur les demandes strictement non-politiques pour protéger les droits de l'homme garantis internationalement et l'idéal olympique de "dignité humaine" ;
- exiger du Comité d'organisation de Pékin pour les J.O. (BOCOG) et du gouvernement de République populaire de Chine (RPC) en tant qu'entité mère du BOCOG de libérer Ye Guozhu, tous les journalistes et ceux qui ont, au pire, fait l'exercice de leur liberté d'expression ;

2. les Comités olympiques nationaux à :
- travailler avec les organisations de défense des droits de l'homme et permettre aux athlètes d'apprendre les faits des violations des droits de l'homme sur les citoyens chinois et de les laisser libres de s'exprimer au regard de cette situation ;
- exprimer leur inquiétude au Comité Olympique International et au BOCOG sur l'absence d'amélioration des droits de l'homme ;

3. les sponsors officiels du CIO et de Pékin 2008 à :
- travailler avec les organisations des droits de l'homme concernant la situation en Chine ;
-
exprimer leur inquiétude au Comité Olympique International et au BOCOG sur l'absence d'amélioration des droits de l'homme ;
- considérer que leur nom est associé aux Jeux Olympiques de Pékin aussi bien qu'aux promesses des organisateurs (l'amélioration les droits de l'homme) avec qui ils ont conclu leur partenariat, qui n'ont pas été tenues.

 
© 2010 International Federation for Justice in China
All rights reserved.